L'embryologie

Si la Vie est une entité individualisée, ainsi appelons nous cette chose mystérieuse, elle doit posséder des dispositifs précis lui permettant de s'unir et d'agir avec la matière. Nous ne connaissons d'ailleurs la vie qu'au travers du mouvement de ces corps matériels

Les prémices des relations entre l'embryologie et la somatopathie

Élève de Pierre Camille Vernet depuis mai 1999, Serge Maniey été amené à se passionner pour l’étude de l’embryologie en 2002 pendant la 3ème année de sa formation. Ce qui l’a interpellé en premier en anatomie, a été la précision de la forme structurelle de certains os, alors imaginez son émerveillement : “lorsque j’ai vu pour la première fois les os crâniens dans leurs plus infimes détails. C’était stupéfiant. Il y avait une complexité dans la forme osseuse qui était surprenante et d’une précision extraordinaire du même ordre que celle de la dentelle”.

Foetus de 39 jours

1ère observation : micro-mouvement sur l'ensemble de la structure crânienne

Comment un os comme le sphénoïde, par exemple, peut-il avoir une telle ciselure (voir l’images ci-contre) avec sur certaines de ses parties des biseaux à tables inversées (point de rotation entre table interne et table externe), sur des endroits où il n’y a aucune attache musculaire ?

Comme vous le remarquez, toutes les inversions de biseau correspondent à l’endroit exact des fontanelles, parties osseuses qui s’ossifient plus tard dans le temps.

Les tables biseautées de l’os occipital et du sphénoïde

Le simple fait que l’on découvre des tables biseautées sur les seuls os crâniens, est la preuve factuelle qu’un micro-mouvement non visible existe bel et bien dans sa réalité sur l’ensemble de la structure crânienne. Ce micro mouvement membranaire sculpte la forme et l’orientation des  biseaux lors de l’édification osseuse du crâne. C’est un fait mécanique et physiologique. Ceci crée la structure du crâne dans sa singularité. William G. Sutherland cacha cette observation pendant une vingtaine d’années tellement cela s’opposait à la théorie des os soudés du crâne. 

Dès le début de sa formation, Serge a entre autre remarqué que le Mouvement Respiratoire Primaire (MRP) (base de l’ostéopathie des micro-mouvements crânien selon William G. Sutherland) correspond exactement à la forme de chaque os. Les micro-mouvements (M.R.P.) sont donc indissociables de la forme. Ayant l’intuition que cette discipline allait faire la lumière sur certains résultats que l’on ne pouvait développer scientifiquement, Serge Maniey a été vivement encouragé dans l’étude de l’embryologie par ses 2 professeurs (Pierre Camille Vernet et Yannick Aussage).

Un début d'explication dans le ressenti bien réel de micro-mouvements complexes dans nos mains grâce à la cinétique embryologique

(Notre toucher peut ressentir l’épaisseur d’un cheveu de l’ordre de 8µ à 20µ sous une feuille de papier).

L’embryologie donne précisément le canevas visuel, à l’endroit où le ressenti des mains ne peut le démontrer. L’exemple des inversions de biseau à l’exact endroit des fontanelles qui s’ossifient bien plus tard parle de lui-même. Ceci prouve que les ajustements d’éventuelles torsions membraneuses de la base se finalisent à la périphérie par le biais des fontanelles : elles s’ossifient plus tardivement et de façon singulière en inversant les biseaux comme un puzzle en 3 dimensions qui s’emboîte parfaitement et donne une forme globale et cohérente de la boîte crânienne

Embryon de 5 semaines

Par conséquent, cela démontre que les membranes embryologiques contiennent l’information qui va orienter physiologiquement, lors de l’ossification, le sens des sutures et leur inversion en des endroits stratégiques dans l’architecture du crâne. Elles détiennent donc toujours intrinsèquement la mémoire embryologique de la cinétique (mouvement membranaire originel). Toutes les articulations et la forme de chaque pièce osseuse du corps humain sont la résultante de cette cinétique embryologique primitive. Leurs différentes modifications, sont dues par la suite aux adaptations de la dynamique et aux efforts du corps durant toute sa vie, en relation avec la gravité terrestre (la relation verticale au sol), ses différents traumatismes tout au long de son vécu, la croissance de l’individu, ses états émotionnels et son vieillissement. 

En embryologie il ne peut y avoir de physiologie sans 3 fondamentaux interdépendants : le mouvement membranaire (la cinétique) induit une différenciation cellulaire et réalise une forme structurelle. Si l’un des 3 fait défaut, les deux autres paramètres ne peuvent exister. Toute tératologie (difformité) embryonnaire le démontre et est intrinsèquement liée à la viabilité de l’embryon. La façon dont la morphogenèse se façonne donne la physiologie primitive : l’énergie de la vie qui imprime la matière dans une forme spécifique. Un traumatisme modifie bien petit à petit la forme de la structure.

Le grand anatomiste Éric Bleschmidt écrit à ce sujet : « les formations vivantes sont descriptibles de façon unifiée comme des processus de mouvements concernant le corps entier sans que ceci ne remettent aucunement en cause des observations biophysiques, biochimiques ou d’anatomie comparée ».

Fermeture du neuropore céphalique à 26 jours lors de la formation du coeur

2ème observation : toute l’anatomie descriptive crânienne est faite en fonction des sutures micro-articulaires.

La base crânienne, la voûte, et les arcs branchiaux sont tous issus de membranes embryonnaires originelles. La chondrification (engendrement de cartilage) ou l’ossification ne viennent qu’après chronologiquement. L’ensemble se finalise par les sutures périphériques qui rééquilibrent le centre du crâne : une harmonisation pendant la croissance entre la base et la voûte. Les sutures n’arrivent donc qu’à la fin et cette temporalité illustre que les membranes et leur cinétique sont bien à l’origine de toute l’édification de la structure. L’étude de la cinétique embryologique démontre que les mouvements complexes fluidiques décrits par Maurice Raymond Poyet dans son livre “aux confins de l’ostéopathie”  sont l’exacte description de ces flux migratoires de l’embryon entre le 16ème et le 60ème jour décrits dans tout manuel embryologique. Les micromouvements de chaque os retracent donc avec exactitude cette mise en place embryonnaire du mésenchyme aussi bien dans sa forme, dans ses axes que dans ses différentes chronologies, dont l’orientation ciselée et précise des sutures ne sont que l’aboutissement final. Eric Bleschmidt écrit également : « les processus métaboliques possèdent des caractéristiques morphologiques essentielles selon chaque espèce dans un ordre spatial et temporel ».

C’est pour cette raison que la correction ou le geste énergétique, proprioceptif et fluidique non-manipulatif enseigné dans nos écoles, donne d’aussi bons résultats en très peu de séances : il s’agit d’une restitution informationnelle de la mémoire cinétique membranaire lors de l’embryogénèse qui assure le bon retour à la physiologie originelle.

Au travers du mouvement restitué nous rééquilibrons la forme selon les axes embryologiques primitifs spatiaux (caudal/céphalique, droite/gauche, antérieur/postérieur). Ces ré-informations tactiles remettent en ordre de façon informationnelle et globale, la physiologie initiale des membranes prépondérantes à l’osseux, au musculaire, à l’organique, à l’endocrinien et au système nerveux. L’embryologie donne aussi une explication à la complexité des micro-mouvements osseux car nous sommes sur la logique de la mise en place membranaire et non plus sur la seule logique articulaire des sutures, ces dernières se façonnant au dépend de la mise en place du mésenchyme embryologique. 

En effet un seul os crânien peut être composé de membranes embryologiques différentes (le sphénoïde par ex), comme deux os crâniens différents peuvent être issus de la même membrane embryologique (le basion occipital et la pente de la selle turcique du sphénoïde qui font partie de la même chorde dorsale par ex). Là, nous dépassons totalement la conception articulaire en étant essentiellement sur l’énergétique, le vivant et leur mise en place dans la matière.

3ème observation : l'embryologie a permis de comprendre comment fonctionne le clavier sacré de Maurice Raymond Poyet.

La structure embryonnaire fonctionne comme les débuts de la création de la terre : la Pangée. Dans la Pangée on s’aperçoit  qu’au départ l’Afrique faisait terre commune avec l’Amérique du Sud. Il en est de même en embryologie. La partie préchordale (partie préexistante à l’encéphale située juste derrière la poche cardiaque et créant plus tard la lame criblée de l’ethmoïde) est contigüe à la partie cloacale (partie caudale de l’embryon).

Clavier sacré selon Maurice Raymond Poyet

En 2004, Serge Maniey a eu l’idée de superposer un sacrum sur un crâne remarquant qu’au départ de la neurogénèse, elles sont issues des mêmes parties embryologiques :  la correspondance parfaite entre toutes les chaînes découvertes par Maurice Raymond Poyet et leurs incidences sur le crâne a été retrouvée à 100% .

Il est à noter que toutes les recherches de Serge Maniey ont été menées totalement à postérori, des découvertes de Maurice Raymond Poyet et de Pierre Camille Vernet.

Superposition sacrum et base du crâne